Je présente ma sébile au vent
Pour récolter les miettes d'étoiles
Des saveurs hors de saison
Et avec un peu de chance
L'esquisse de ton sourire
De la rose à la lavande
La fleur au sang bleu saigne
Du jonc au chardon des landes
Mon rêve quitte ses rivages béats
Et rôde dans le maquis de la mémoire
Jusqu'au vieux figuier en larmes
Où est donc passé ton miellat
Qui venait adoucir le spleen ?
Les majestueux palmiers du désert
Inclinent gracieusement leurs cils
Au murmure de ta source qui se perd
Les abeilles désertent les ruches
Intriguées par un parfum qui traîne
Au coin du feu la bohème
Pieds nus cheveux couleur d'ébène
Vêtue d'espoir, armée de patience
Boit jusqu'à la lie l'immobilité du silence
o vent du nord
o fière ardeur noblesse
Souffle ce soir jusqu'à tard
Et que ta douce brise caresse
Les âmes assoiffées de mots rares...